Rut des bouquetins

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A chaque saison ses couleurs, ses parfums. Le brame, rituel merveilleux, accompagne les forêts durant l’automne. Avec leurs premiers coups de corne, les bouquetins signalent à leur manière l’arrivée de l’hiver.

Rencontre avec ces grands cornus

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Le soleil se lève à peine lorsque je m’engouffre dans le vallon. Abandonné par le soleil, austère,  l’ubac est  figé, glacial. Sur l’adret, hormis les combes ombragées et goulottes gelées, la neige laisse la place aux herbes sèches et à la roche. A 1900 mètres d’altitude, une chevrée d’une vingtaine d’individus profite d’un soleil généreux. Sous les yeux bienveillants des étagnes, les cabris alternent jeux, courses folles et sieste sur les dalles chaudes. Joli spectacle.

Fin de matinée, 2200 mètres d’altitude, les grands cornus sont là. Ventres bien remplis, toisons épaisses, ils sont imposants. Peu farouches, je m’assois à quelques dizaines de mètres d’eux. Paisiblement couchés, leurs gros yeux marrons-dorés me regardent, puis se ferment. Un gros mâle aux cornes asymétriques s’approche de la harde qui se met alors en mouvement. La tension monte, le pas s’accélère, les cornes glissent les unes contre les. Trois protagonistes se séparent du groupe, dévalent la pente. L’un d’eux se dressent et, aussi sec qu’un coup de fouet, le premier coup de corne claque. Le choc est violent.

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Il y a quelques semaines, le cerf colorait le silencieux vallon de son merveilleux brame chaud et rond. Aujourd’hui, le cerf s’est tu, laissant la place au son des cornes de bouquetins qui s’entrechoquent. D’ici quelques semaines, les combats vont gagner en intensité. A l’issue de ces joutes, un dominant, en général le plus âgé, se réservera le droit de féconder plusieurs femelles.

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Fin d’après-midi, le soleil se fait discret. Dans ce décor noir – blanc, les combats reprennent. Lentement, je quitte ces merveilleux animaux emblématiques de l’Alpe. Une heure de marche et quelques centaines de mètres plus bas, je ne les entends plus.

Dernière lumière, dernier regard sur le Grand Combin, des silhouettes se découpent sur l’arête.

Sébastien Tinguely

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